Et moi, je choisis le mot « doux »…

Affiche du spectacle

C’est le mot qui décrit au mieux « Les gens d’Oz », ces quelques personnages charmants qui nous envoûtent dans une sorte de réalité émotionnelle au Théâtre de la Colline. Le nouveau spectacle de Galin Stoev, metteur en scène d’origine bulgare (notamment connu pour Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux à la Comédie Française (2011), Tartuffe de Molière à la Comédie Française (2014) et d’autres); met en honneur la conversation comme un outil dramaturgique. La simplicité des décors et l’absence d’une action dramatique permettent d’accéder aux jardins secrets des personnages grâce au texte magnifique de Yana Borisova, auteur dramatique bulgare.

Erwin, Sart, Mia et Truman ont chacun une relation particulière avec l’écrivain Anna, une auteur à succès qui a arrêté d’écrire depuis 10 ans. Solitaire et pas très accessible, Anna fascine les personnages d’une manière ou d’une autre: la voisine parfaite pour Erwin, la femme mystérieuse pour Sart, l’idole pour Mia et…la co-habitante confidente de Truman. Les conversations que les personnages mènent sont intimes et profondes d’un point de vue sentimental mais très légères et simples dans leur forme, ce qui permet aux spectateurs de se retrouver dans le texte et faire leur propre lecture de la pièce.

Le spectacle nous incite à réfléchir à la notion d’intélligence émotionnelle, une qualité à laquelle tout le monde aspire. Différentes expériences et émotions caractérisent chacun des personnages à différents moments de la pièce et c’est l’une des richesses du spectacle.

Pourquoi je choisis le mot « doux » ? Vous allez comprendre en allant faire connaissance avec les gens d’Oz et leur jeu d’intéractions plein de sens, d’humour et d’émotion.


Les Gens d’Oz de Yana Borissova, mise en scène Galin Stoev, du 3 mars au 2 avril 2016 au Théâtre de la Colline, Paris 20ème.

Source photo : site du Théâtre de la Colline

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Paris 1900, revenons à la Belle Epoque ?

 

"Une soirée au Pré-Catélan, 1909 d'Henri Gervex sous forme de carte postale

« Une soirée au Pré-Catélan », 1909 d’Henri Gervex sous forme de carte postale

 

Une époque rêvée renaît sous le toit du Petit Palais, avec l’exposition Paris 1900 – ville spectacle.

Vous êtes-vous déjà posés la question quelle aurait été la face de Paris sans l’exposition universelle de 1899? Pourquoi Paris avait l’image de la capitale européenne de la culture et du luxe? Quels sont les secrets que la Ville Lumière cache derrière sa beauté?

Paris 1900 est une exposition à surtout ne pas rater. Ne serait-ce que pour le fait que les œuvres exposées répondent aux questions évoquées un peu plus haut mais aussi à beaucoup d’autres. Les organisateurs nous mettent à disposition plus de 600 œuvres qui reflètent la Belle Epoque dans toute sa splendeur.

La première salle nous plonge dans l’ambiance de l’Exposition Universelle. Un événement marquant dans l’histoire moderne de Paris. Un événement qui a changé la face de la ville pour qu’elle puisse aujourd’hui accueillir toujours autant de personnes du monde entier. L’Exposition Universelle est un moment important dans l’histoire du Petit Palais, le moment qui fait naître ce bel bâtiment ainsi que son frère – le Grand Palais. La première ligne de métro a été lancée à Paris pendant l’exposition, les gares de Lyon et d’Orsay apparaissent dans le paysage parisien, le pont Alexandre III a vu le jour en faisant hommage à l’amitié franco-russe (Le document original de l »inauguration du pont, fait à la main et très beau, signé par Tsar Nicoals II de Russie fait partie des œuvres exposées). On peut voir des images, des affiches de différents événements organisés pendant l’Exposition, des objets rares et surtout on peut sentir l’émotion et l’émerveillement des gens de l’époque devant des inventions comme l’électricité.

L’art nouveau est un élément important de l’esprit de la Belle Epoque. Toute une salle lui est consacrée, on s’émerveille par exemple devant les bijoux du grand maître Lalique. Des meubles de la période créent une ambiance très authentique. Il ne faut pas oublier la petite collection de tabeaux qui présente les différents courants artisitiques des années 1900 avec Degas, Monet, Renoir ou encore Bouguereau et Rodin.

Après, on est invités à découvrir la garde-robe de la Parisienne  de la Belle Epoque et à comprendre pourquoi elle véhicule l’image du style et de la classe. Plusieurs modèles de robes authentiques (robes de soirée, robes d’été ou de nuit) sont exposés ainsi que des chaussures, des accessoires, du maquillage. Un coin qui ne laisse pas les dames indifférentes.

Quelle que soit la période d’une riche histoire, comme celle de Paris, la manière dont la société s’amuse parle beaucoup des moeurs et de la vie de cette dernière. Un spectacle ne se limite pas à un événement dont le but est de faire les spectateurs s’amuser. En tout cas, pas le spectacle parisien. Il est riche et coloré, extravagant et mystérieux. Une partie des secrets nocturnes de la Ville Lumière nous sont révélés dans la salle suivante de l’exposition. La décoration est digne du décor d’un film sur la Belle Epoque. La nuit parisienne cache les sensations et les émotions qui ne sont pas exprimées pendant la journée. Et elles resteront secrètes tant que vous n’allez pas au Petit Palais.

Une dernière salle nous parle des arts de la scène de la Belle Epoque. On trouve des affiches de pièces de théâtre et de cabarets, des artistes célèbres nous sourient des murs du Petit Palais. Des tableaux décrivant la vie parisienne font partie de ce coin qui marque la fin de l’exposition.

Le temps consacré au Petit Palais pour cet événement culturel passe très vite. On accède l’espace d’une époque fascinante dans laquelle  Paris semble encore plus splendide dans sa beauté éternelle.


Plus d’informations sur l’exposition: http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/paris-1900-la-ville-spectacle-0

 

« Les sonnets ou le portrait de Mr W.S » de la Troupe du Levant

Le premier article de ce blog portera sur un spectacle de la Troupe du Levant que j’ai vu récemment et que j’ai beaucoup aimé.

« Les sonnets ou le portrait de Mr W.S » est l’un des spectacles phares de la troupe du Levant avec comme metteur en scène Benjamin Forel. C’est une création pas comme les autres. D’abord, se décider présenter les sonnets sur scène est une entreprise assez audacieuse. Les sonnets sont basés sur des sujets très pertinents aujourd’hui même éternels mais il existe une complexité qui provient de la langue shakespearienne et qui fait que toute création sur les sonnets est assez délicate.

Benjamin Forel et les acteurs de la troupe ont crée un vrai spectacle à la Shakespeare. En choisissant quelques traductions différentes le metteur en scène et les acteurs adaptent le mieux les sonnets aux temps modernes. Les leçons de Shakespeare pour ses jeunes disciples et les interactions avec le public créent une ambiance chaleureuse et très accessible pour comprendre et sentir les sonnets. Pour mieux dessiner le portrait de Mr. W.S. Benjamin Forel a aussi inclus des éléments des tragédies les plus célèbres du dramaturge comme « Roméo et Juliette » et « Lady Macbeth ». La phrase culte du spectacle « Apprends à déchiffrer ce qu’écrit le silence. Ecouter par les yeux c’est l’intelligence du cœur. » est issue du sonnet 23 et prononcée par le metteur en scène même en faisant partie du public. Encore une manière de se rapprocher des spectateurs et faire le spectacle plus accessible et authentique. Il ne faut pas oublier l’enthousiasme et le professionnalisme des acteurs. Une création à ne pas manquer si vous avez la chance!

Photo: Internet