Volez, voguez, voyagez avec les ailes de Louis Vuitton

Louis Vuitton au Grand Palais : un storytelling bien développé, de très fins articles exposés et une multitude de réfléxions qui passent par la tête en se promenant dans l’espace de l’exposition. Une vraie mise en scène accompagne les objets présentés. Et c’est là l’une des forces du commissaire M. Olivier Saillard, directeur du musée Galliera.

Les créations de la Maison Louis Vuitton accompagnent des moments forts de l’histoire du début du XXème siècle. Le voyage comme style de vie est l’un des axes principaux de l’exposition. Partenaire d’André Citroën pour l’expédition Croisière noire en 1924, la maison déveoppe des malles adaptées à des contraintes climatiques et logistiques difficiles mais aussi le Steamer Bag qui va marquer l’histoire de la mode.

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Avouons-le, il faut posséder un vrai sens de perspicacité et de beauté pour faire de la malle et du sac des objets de luxe et les imposer naturellement et petit à petit comme des objets du quotidien. La spécificité de la maison Louis Vuitton ? Les matières de leurs produits. Ayant été layetier-emaballeur, Louis Vuitton connaît bien le bois et en fait le matériel prvilégié pour ses différents types de malles. Pionnier dans la création de toiles (gris Trianon, Damier, Monogram – la fameuse toile avec les initiales LV qui révolutionne la mode) le créateur élève une marque qui se distingue par une inventivité et un grand sens pour les détails.

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Grâce à l’exposition nous pouvons aussi découvrir différentes techniques de fabrication d’objets de la maroquinnerie. La dernière salle de l’exposition est consacrée aux vidéos de l’atelier Louis Vuitton ainsi qu’à une démonstration en live de l’assemblage d’une paire de chaussures.

L’exposition met la lumière sur un mode de vie marqué par le luxe et le raffinnement qui va avec tous les accessioires que nous pouvons imaginer comme par exemple cette malle pour pique-nique. Il en existe pour la garderobe, le maquillage, la collection de livres personnelle ou encore la machine à écrire.

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C’est intéressant de se poser la question sur la possession d’objets de luxe d’hier. Toute la mise en scène de l’exposition fait le parallèle avec la mise en scène d’une vie riche du début du XXème sicèle. La valeur des objets n’était pas seulement financière mais aussi symbolique avec un brin de finesse et une touche de créativité.

Les organisateurs ont réussi à faire voyager les visiteurs et leur montrer la vraie valeur du luxe dans nos vies.


Volez, voguez, voyagez – exposition Louis Vuitton au Grand Palais, du 4 décembre 2015 au 21 février 2016, gratuite

Quand l’art apaise l’esprit

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S’intéresser à la culture veut dire découvrir des mondes inconnus créés par le cerveau humain. L’inconnu peut faire peur parfois mais aussi émerveiller. Ne cherchant ni l’un l’autre les jeunes artistes du groupe intégré du Centre des enfants Unis à Pernik, Bulgarie nous donnent accès à leur univers enchanté. Chaque oeuvre, créée sous la direction artistique de Mme Tatayana Kitanova est unique. Des techniques diverses sont utilisées pour assembler des symboles de la nature et de l’imagination à travers des matériaux comme le bois, le textile, la peinture mais aussi des pierres ou de la céramique. Chaque jeune, spécialiste dans son domaine ajoute sa pierre à l’édifice qui devient finalement un beau château des contes. Le but de l’atelier n’est pas seulement de créer de la beauté mais aussi aider ses artistes ayant des incapacités mentales ou physiques. Ce qu’ils pratiquent s’appelle de l’art-thérapie – communiquer grâce à un moyen universel comme l’art. Tatyana Kitanova est une artiste et spécialiste en art pédagogique qui travaille dans le domaine du management social. L’atelier du groupe intégré est créé en 2001 auprès du Centre des enfants Unis à Pernik.

L’association « Mission Bulgarie », une structure basée à Paris et qui organise des événéments culturels met en avant le travail du groupe pour récolter de moyens aidant le dévelopement de l’atelier d’art-thérapie. L’équipe de l’association expose une partie des tableaux pendant tous ses événéments et a fait de cette initiative l’un des fils rouges de ses activités. Certaines oeuvres sont reproduites sous forme de mugs et pour chaque don de plus de 15 euros pour l’association vous en recevrez un comme cadeau.

 

 

 

 

l'enfant et l'oiseau

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Association Mission Bulgarie:

Site internet: http://fr.missionbulgarie.org/

Contact: contact@missionbulgarie.org

San Francisco Ballet à Paris

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Cette année les acteurs principaux dans les Étés de la Danse, événement organisé par le Théâtre du Châtelet, sont les danseurs de San Francisco Ballet. La compagnie, dirigée par Helgi Tomasson, est à Paris pour une deuxième fois (première fois en 2005) pour marquer le 10ème anniversaire des Étés de la Danse. L’événement a fait du bruit parmi les amateurs et les spécialistes  avec, dans la programmation, des chorégraphes comme Balanchine, Robbins, Ratmansky, Wheeldon, Tomasson. Toutes les soirées du 10 au 26 juillet sont composées de trois ou quatre chorégraphies de maximum 30 minutes chacune.

J’ai eu la possibilité de voir trois des neuf premières pour la France, dans la soirée de 18 juillet, notamment Classical Symphony d’Yuri Possokhov, Ghosts de Christopher Wheeldon et Piano Concerto #1 d’Alexei Ratmansky. Je ne vais pas m’arrêter sur chacune des quatre chorégraphies (Chaconne pour piano et deux danseurs de Helgi Tomasson faisait aussi partie du programme). Je vais vous présenter mes deux coups de cœur, tout d’abord parce que je suis très loin d’être spécialiste et après j’aimerais partager une impression plutôt que de faire une description du spectacle.

Je mets à la deuxième position dans ma liste de cette soirée, la création d’Alexei Ratmansky, Piano Concerto #1. Les pas de deux interprétés par Yuan Yuan Tan et Damian Smith et Maria Kochetkova et Victor Luiz  étaient impressionnantes. On a pu sentir l’exigence de cette création au niveau de la technique avec des mouvements complexes et même acrobatiques je dirais. Ce qui, d’après moi, expliquait le choix des justaucorps en couleurs vives pour les costumes. C’était une belle fin du spectacle de ce vendredi.

Pour moi la création la plus marquante de cette soirée était la première en France de Ghosts chorégraphiée par Christopher Wheeldon. Le mot que j’utiliserais pour la décrire serait ‘féerie’. Au fond de la lune les danseurs se profilent avec des pas gracieux à la limite entre l’hésitation de l’inconnu et l’assurance de quelqu’un qui est mort. Il y a une espèce de paradoxe qui rend le spectacle des esprits encore plus originale – les danseurs dégagent une force et une présence aux côtés de la transparence et la légèreté caractéristiques des fantômes. Cette idée était présente pendant les 30 minutes du spectacle. C’était une beauté dansée!

La Symphonie Classique  de Possokhov avec laquelle la soirée a commencé, correspond bien à son nom. C’est une création au fond musical de Prokofiev. La suite était un pas de deux de 10 minutes, créé par Helgi Tomasson et qui, j’aurais bien aimé, aurait pu durer plus.

Pour conclure, j’ai passé une bonne soirée en compagnie de SF Ballet. Si vous aimez la danse, c’est beau à voir.

« Noureev n’a pas eu une carrière, il a eu un destin », interview avec Ariane Dollfus

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« Soyez amant du beau », c’est avec cette citation de Carlo Blasis qu’Ariane Dollfus commence la biographie de Rudolf Noureev. Parce que lui, il était le plus grand amant du beau et cela se sent encore, même plusieurs années après sa mort. La surprise que je vous prépare depuis un moment est enfin arrivée. Si vous aimez le beau, ce cadeau va vous plaire. Je vous présente l’interview que j’ai fait avec Ariane Dollfus, l’auteure de « Noureev l’insoumis », publié chez Flammarion et commissaire de l’exposition du même nom à la Mairie du 17 arrondissement de Paris. Je voudrais remercier Mme Dollfus pour le temps accordé et son pouvoir de mettre des mots derrière un art et un personnage fort émotionnels.

G: Bonjour, on va commencer avec quelques questions sur la biographie. D’abord, comment avez-vous organisé le processus de recherche sur la biographie ? Le livre est vraiment très, très bien documenté et comme vous le dites dans le prologue  vous avez fait plus de 100 interviews, vous avez consulté des documents de la Préfecture de Police, etc. Deuxièmement, est-ce que c’était difficile de rassembler tous ces documents ?

A. D.: Effectivement, les sources étaient multiples.

Il y avait les sources directes, c’étaient les interviews et ça pour moi c’était très important et c’est sans doute ce qui était le plus riche –  de rencontrer des gens qui ont travaillé avec lui et, vous l’avez vu à la conférence, Jennifer Goubé (ndlr. danseuse de l’opéra, qui a travaillé avec Noureev, aujourd’hui directrice de l’European Dance Center à Paris) elle parlait formidablement bien. Tous les gens qui l’ont connu ont parlé formidablement bien de lui. Ça c’était la première source forcément subjective parce que  chaque personne parlait en fonction de la manière dont elle l’a connu, de la manière dont il les a apprécié, Noureev n’aimait pas tout le monde, mais au moins c’étaient des témoignages vécus. Ça c’est la première chose.

La deuxième chose c’est aussi beaucoup les vidéos, les DVD. Tous les DVD  qui existent sur Noureev, je les ai bien décryptés. Il y a un DVD, par exemple, sur la période avec Margot Fonteyn, un DVD très bien qui s’appelle Fonteyn-Noureev, the perfect partnership. C’étaient de multiples sources, notamment des gens qui étaient morts. C’était aussi très important de parler anglais, parce beaucoup de sources étaient anglo-saxonnes. Malheureusement, je ne parle pas russe donc je n’ai pas eu accès à des sources russes même si elles étaient forcément un peu limitées. Je suis allée à New York pendant une semaine, et là il y a un lieu extraordinaire qui s’appelle Public Dance Library. Là, il y avait tout le fond Noureev qui y était, des archives de Noureev, qui sont maintenant, pour une part, visibles à Pantin au Centre National de la Danse, mais qui n’y étaient pas à l’époque où j’ai travaillé sur la biographie.

Et puis il y a les coupures de presse de l’époque, vraiment beaucoup, dont les fameuses coupures que vous voyez dans l’exposition, qui datent de 1961. Et puis de la presse anglo-saxonne, alors là, je suis allée chercher à l’American Library à Paris.

Les dernières sources sont les biographies déjà  publiées, notamment des biographies américaines. Il y en a deux qui étaient très riches et surtout leurs notes, comme je fais, moi aussi, elles citent leurs sources. Donc, je suis allée chercher les articles en question, à New York Times, Newsweek et d’autres. J’ai fait des photocopies de tous ces articles-là qui m’ont permis de reprendre des citations. C’est à peu près tout.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans les interviews que vous avez fait avec lui ?

Ah ça remonte à loin… La première, c’est celle que je raconte dans la préface. La première fois que j’ai eu affaire à lui, face à lui, c’était…Iimaginez quelqu’un qui  vous regarde droit dans les yeux, qui marche en claquant les pieds  et vous devez l’arrêter et lui dire : « Bonjour, je suis journaliste. » Et là, vous vous dites : « Non, mais il a autres choses à faire… ». Il était un peu méchant, assez dur. Il ne pardonnait aucune question qui pouvait lui sembler soit idiote, soit inadéquate, ou malvenue. Je me souviens par exemple d’une interview. A Paris il avait toujours une amie qui était toujours disponible, elle s’appelle  Douce François. Elle envoyait son courrier, elle le déplaçait en voiture, elle répondait  à son téléphone, elle lui achetait des chaussettes. Elle était d’une disponibilité à toute épreuve. Elle avait une toute petite voiture. Un jour j’ai fait l’interview dans cette voiture. Noureev était devant et elle, elle conduisait. A un moment donné je lui (ndlr. A Noureev) ai parlé de l’Union Soviétique, de ce qu’il pensait de la « pérestroïka » et il m’a dit « Next question ! ». Et là j’ai compris, mais j’avais tenté le coup, j’étais bien obligée. Oui c’était quelqu’un de difficile.

Qu’est-ce que pour vous Noureev ? Qu’est-ce que son histoire, sa personnalité, son art représentent pour vous pour arriver à un stade où vous écrivez même une biographie de lui?

Il y a des gens qui sont admiratifs de Madonna, de Michael Jackson et moi c’est Noureev. La première fois que je l’ai vu danser j’avais 12 ans et c’était terrorisant pour moi parce que j’avais très, très peur d’être déçue. Mais vraiment très, très peur, genre j’étais malade plusieurs jours avant parce que Noureev dans les années 60-80 pour ceux qui aimaient la danse, c’était la grande star. Comme Callas pour les amateurs de l’opéra, Maradona pour les amateurs de foot.

Et donc quand j’avais 10 ans j’ai reçu un livre sur Noureev, et quand je l’ai reçu je me souviens très bien, je me suis dit : « Un jour, moi aussi,  je vais écrire un livre sur Noureev». Et voilà, j’ai mis trente ans mais…

Et alors, après, j’ai fait Sciences Po, parce que je pensais que c’était une bonne  école qui donne une bonne culture générale et c’est vrai que Noureev a rejoint mes deux centres d’intérêt. A Sciences Po on étudiait beaucoup l’histoire contemporaine et la politique et ce que j’ai adoré en travaillant sur Noureev c’est que ce n’est pas seulement un artiste. Il est vraiment emblématique de la seconde moitié du 20ème siècle. Il représente son siècle. Il représente son temps. Il va au-delà de la danse et voilà, du coup c’était très intéressant de l’étudier, de ne pas se limiter à Noureev danseur.

Oui à un moment donné dans le livre vous dites qu’il est devenu un symbole politique malgré lui.

Oui parce qu’il ne s’est jamais considéré comme un déserteur, jamais. Il a juste cherché à être lui-même, de faire ce qu’il voulait, parce que c’était un esprit libre. Et qu’il n’avait plus le choix aussi. Et c’est ça que j’ai découvert aussi, en étudiant cette période précise de sa vie, c’est que ce n’est pas du tout un acte héroïque. Il était pétrifié de ce qu’il était en train de faire, mais vraiment pétrifié. Quand il dit « J’ai jamais eu peur de ma vie » c’est non. Il a même eu peur de la police française, quand on l’a ramené à Paris, il se disait « On va me livrer à la Police Soviétique » Imaginez son angoisse.

A chaque fois que je vois Noureev danser ça me donne des frissons. A chaque fois je n’arrive pas à expliquer ce qu’il a. Quelle est cette chose qui le rend si exceptionnel ? Ce n’est pas vraiment que la danse, la technique. Il y a quelque chose au-delà de cela. Est-ce que vous pouvez décrire cette chose qui est en lui ?

J’ai essayé de l’expliquer dans le livre. Surtout ce qui était intéressant, c’était de demander aux danseurs, ceux qui avaient dansé avec lui et ils disaient tous que c’était un fauve. La métaphore animale est reprise par beaucoup de gens et je pense qu’il y a quelque chose là, ce n’est plus un homme, ce n’est plus un danseur, un félin, c’est énigmatique. Il y a quelque chose d’inhumain en lui puis il y a le charisme. C’est un danseur de l’Opéra, une étoile qui me disait : « Quand il tombait, quand il faisait une erreur il disait : « Good boy, you’ve tried ». Il n’avait pas peur de prendre des risques et il dansait de lundi au dimanche inclus, dimanche matinée –soirée. Il était complètement fou, il aurait dû se blesser, mais il dansait même quand il était blessé. Et puis il était beau et photogénique! Ça compte aussi !

Vous êtes commissaire de l’exposition qui a lieu à la mairie du 17ème. D’abord, est-ce que ce sont toutes les photos que Francette Levieux avait pris de lui ?

Non, ah non. Elle a un cahier qui fait plusieurs pages.

Comment vous les avez choisies ?

Alors, ce n’est pas moi qui les ai choisies. C’est un danseur de l’Opéra. Cette expo – là, sans compter les photos derrière, ça provient d’une autre exposition qui a été conçu au Conservatoire national de musique et de danse à la Villette en 2000. C’est très intéressant d’ailleurs de voir un choix de danseur. Il s’appelle Francis Malovik, il était dans le corps de ballet de l’Opéra quand Noureev a dirigé le ballet et notamment à la création de La Bayadère, c’est lui qui joue le grand Brahmane. A la mort de Noureev il était l’un des six danseurs qui ont porté son cercueil à l’enterrement. C’est un moment très émouvant. Moi avec Francette, on a reconfiguré un peu la mise  en place et puis moi j’ai fait les vitrines et j’ai choisi les vidéos, pendant la conférence et celles de l’exposition.

Quel est le message que vous voulez passer à travers cette exposition ?

Le message que chacun voudra se faire. C’est drôle, je n’y ai pas pensé. J’avais envie de montrer, parce que c’est curieux, ce lieu. Il y  a des gens qui viennent parce qu’ils aiment Noureev, puis 90 % des gens passent par là parce qu’ils vont au tribunal, ils vont chercher un passeport, une place en crèche, ils ont rendez-vous avec une personne de la mairie et hop ils découvrent, « Mais qui est ce beau danseur ?! Tiens je vais aller voir de plus près. » Il y avait un but aussi pédagogique. Et ensuite, expliquer à travers les vitrines qui est ce personnage. Faire découvrir et faire partager l’émotion que procure ce personnage. Vu que je suis journaliste de danse c’est pour faire partager mes émotions aux lecteurs et tout l’intérêt de ce personnage à travers différents supports.

Pendant la conférence vous avez mis l’accent sur la capacité de Noureev de transmettre un message, une émotion qu’à travers la danse. Qu’est -ce qu’il faut faire pour vraiment préserver l’héritage de Noureev ? Pour transmettre cette passion qu’il avait pour la danse, ce feu.

Je pense qu’il faut essayer d’avoir la même passion que lui. Travailler sur un personnage comme ça ; ça élève. Je me suis dit à chaque fois « Est-ce qu’il serait content de ce que je fais?» Il était tellement exigeant et l’exigence c’est quelque chose qui est très communicatif. Et du coup montrer l’exigence et la passion. Etre exigent dans sa passion. L’exigence est une belle vertu, je trouve, en tout. C’est une formidable leçon de vie. Il y a une phrase que je reprends souvent quand j’écris des choses courtes sur Noureev. Il n’a pas eu une carrière, il a eu un destin. Ça résume en une phrase. Il n’avait rien pour devenir tout ce qui est devenu. Il ne s’est jamais laissé empêtrer par des gens qui ont pu dire non. Lui, il a dit non à tous ceux qui lui disaient non. Il a eu la volonté, l’exigence et la passion, voilà.

Pendant la conférence vous avez montré différents extraits de ballets. Quels sont les ballets les plus représentatifs de Noureev d’abord en tant que danseur et après en tant que chorégraphe?

Pour moi, je crois que l’une des plus belles choses c’est l’acte II de Giselle avec Margot Fonteyn. C’est sublime je n’ai jamais vu un danseur d’avoir cette ideé-là de nous faire partager ce qui se passait dans sa tête. Il y a un DVD An evening with the royal ballet, où il y a Le corsaire et Les Sylphides avec Margot Fonteyn et ça vous n’avez plus un danseur, vous avez un poète. Vous avez une émotion poétique. C’est extraordinaire. Ce n’est plus un être humain, c’est bluffant. Et puis comme chorégraphe – Don Quichotte. On voit qu’il est non seulement un excellent chorégraphe mais aussi un excellent directeur de danseurs, un excellent comédien parce qu’il est très drôle et c’est un bon réalisateur de cinéma. Ça fait un vrai film. Il y aurait le romantique dans Giselle et Noureev le danseur de demi-caractère qu’il est aussi et Don Quichotte en tant que chorégraphe et réalisateur.

Enfin, est-ce que vous pouvez dire quelques mots aux admirateurs de Noureev ?

J’ai plutôt envie de dire quelque chose aux gens qui ne connaissent pas Noureev, parce que les admirateurs sont déjà convaincus : Venez voir, lisez et laissez-vous emporter.


A noter:

Exposition « Noureev, l’insoumis », Mairie du 17ème arrondissement, jusqu’au 9 juillet 2014. Entrée libre.

DOLLFUS Ariane, Noureev, l’insoumis, FlammarionParis, 2007

‘Man of Tai Chi’ et ‘Side by Side’, le passage de Keanu Reeves à Paris

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Le but de ce post n’est pas de faire l’éloge de Keanu Reeves mais d’une attitude que je n’ai retrouvé qu’en lui, parmi ‘les stars’ d’aujourd’hui. Très souvent quand on assiste à un événement en présence de l’un des acteurs les plus connus au monde on risque d’être subjectifs, surtout si on aime bien la personne. J’espère que j’arriverai à transmettre au mieux mon ressenti pour l’art et la personnalité de l’acteur de plusieurs origines.

Toujours un peu à l’écart des projecteurs et des médias people, Keanu Reeves impressionne avec sa simplicité et son style. Montrant explicitement sont intérêt envers la culture asiatique avec sa participation dans ’47 ronins’ et le film avec lequel il a fait son début de réalisateur ‘Man of Tai Chi’, Reeves part à la recherche d’équilibre dans tout ce qu’il fait. Il ne mène pas forcément une vie d’après les codes de la tradition asiatique. Il essaie de nous transmettre un message à travers cet intérêt et c’est réussi. Dans la vraie vie ce n’est jamais facile de trouver le juste milieu. Parfois il faut dépasser les limites pour se retrouver et trouver notre propre équilibre.

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Man of Tai Chi‘ raconte l’histoire de Tiger Chen, quelqu’un de très ordinaire à premier regard. Livreur, pratiquant parfaitement le tai-chi il se fait recruter par Donaka (Keanu Reeves) pour participer dans des combats clandestins. La relation entre les deux hommes est très intéressante et  beaucoup plus profonde qu’elle n’a l’air. C’est une relation qui nous est révélée petit à petit et qui atteint la culmination avec la fin du film. Il y a toujours une subtilité à présenter l’histoire, chez Keanu Reeves, peu importe s’il le fait en tant qu’acteur ou en tant que réalisateur. Etre fin tout en restant simple, c’est ce qui fait la force de Reeves. Le tai-chi est un art très subtile mais aussi pas très innocent dans sa philosophie et le lien entre le yin et le yang. Le film montre bien la complémentarité ainsi que les contradictions entre les deux catégories.

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Dans ‘Side by Side‘ Keanu joue le rôle du journaliste. C’est un documentaire sur l’industrie du cinéma et la manière de filmer. On montre le passage de la pellicule au numérique et les conséquences qui y proviennent. Il a interviewé plus de cent personnes, que des noms du cinéma comme Scorsese, G. Lucas et beaucoup d’autres. Comment le numérique change les habitudes des spectateurs? Comment le travail des acteurs, des réalisateurs, des directeurs d’images se transforme avec une technologie qui a révolutionné le monde du cinéma il y a quelques années? Ce n’est qu’une partie des questions que Christopher Keneally et Keanu Reeves posent pour donner une image globale de la question à travers les interviews avec les spécialistes.

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Les deux productions ont été présentés dans le cadre de Champs-Elysées Film Festival (11-17 juin), en présence de Keanu Reeves. Une rencontre questions-réponses a suivi les séances. Avec un sens d’humour très intelligent, l’acteur a su répondre à des questions pas toujours faciles de la part des fans. Les deux films sont très parlants, comme le comportement de Reeves est parlant, sans beaucoup de mots mais avec une expressivité peu ordinaire.

A bord de l’Orient Express

L’Institut du Monde Arabe et la SNCF nous font découvrir l’histoire du fameux train qui reliait l’Occident et l’Orient, et qui inspirait des écrivains en faisait voyager l’élite de l’époque. L’exposition retrace le trajet de l’Orient Express mais aussi les caractéristiques d’une époque marquée par la révolution industrielle et la guerre.

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Le mythe de L’orient Express a toujours suscité un grand intérêt même pour ses contemporains. Ce train de voyage luxueux était l’un des cadeaux les plus précieux que Georges Nagelmackers a pu faire à l’Europe, après son voyage aux Etats-Unis en 1869, pendant lequel il découvre les wagons-lits. C’est en 1876 qu’il va fonder la Compagnie Internationale des wagons-lits, qui va mettre le début d’une longue aventure, celle de l’Orient Express.

Le premier voyage que le fameux train a effectué était entre Paris et Varna, en Bulgarie. De là une correspondance en bateau se faisait pour rejoindre Constantinople.

Le trajet de l'Orient Express

Le trajet de l’Orient Express

Nagelmackers était visionnaire dan son approche. Ce premier voyage, était un voyage de presse, avec des écrivains et des journalistes à bord. Il s’était rendu compte que la communication était très importante et donc, a fait des affiches et des réclames pour son oeuvre. Très vite le train est entré dans les conversations des gens et les faisait rêver.

Affiche de publicité de l'Orient Express

Affiche de publicité de l’Orient Express

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L’Orient Express dans la presse

Le train proposait beaucoup de services à ses voyageurs – des wagons-lits, un restaurant, un salon où on pouvait danser. Lawrence d’Arabie, Ferdinand Ier de Bulgarie, Marlène Dietrich, Mata Hari, Agatha Christie ou encore Serge de Diaghilev font partie des célébrités qui voyageaient avec l’Orient Express. Un grand bijou, le train assurait le confort des passagers.

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Dans la voiture Pullman

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Des décors de bois raffiné, ornés par René Lalique marquent l’express. Une très jolie reconstitution avec des objets authentiques a été faite pour l’exposition et on peut sentir l’ambiance spéciale du lieu.

Le piano dans le salon du train

Le piano dans le salon du train

Le décor signé René Lalique

Le décor signé René Lalique

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite de l’exposition est dans le bâtiment de l’Institut du Monde Arabe. Des petits films avec des images des capitales que le train traverse et son trajet  font partie de la collection ainsi que des affiches de publicité de l’Orient Express, des petits coins des wagons reconstitués, des cartes. Toute une salle est consacrée au Moyen-Orient. La culture orientale était à la mode à l’époque du lancement du train. Des intellectuels créaient des salles spéciales « à la turque » dans leurs maisons et prenaient photos habillés de la même manière. On peut aussi voir des cartes postales, des timbres, des lettres.

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C’est une exposition assez originale et bien présentée qui vaut l’attente. Un accompagnement très sympathique fait partie de la visite des wagons. Elles se font par tranche horaire pour leur bon déroulement dans les couloirs étroits du train. Une personne accompagne chaque groupe en donnant des informations sur les objets et l’histoire des wagons. C’est une expérience à part à ne pas rater.

Rencontres philosophiques chez Shakespeare and Co.

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Chez Shakespeare and Co.

Vous adorez lire, possédez un âme d’artiste et vous vous interrogez sur le monde qui vous entoure?

C’est à la librairie Shakespeare and Co. que vous trouverez votre bonheur. Un lieu incontournable pour chaque amoureux des livres anglophone qui se respecte, cet endroit insolite et plein de charme nous invite régulièrement pour ses rencontres philosophiques. Dans une ambiance cosy et très conviviale on se sent libre à exprimer nos idées.

Le 5 mars dernier, j’ai pour une première fois, participé à une rencontre de ce type sur le sujet: « Defining the Problem of Tomorrow’s Memory: Cultural Heritage in the Digital Age » (Definir le problème de la mémoire de demain: l’héritage culturel à l’ère numérique.) C’était une discussion animée par Liz Stainforth, doctorante à l’école de beaux-arts, histoire de l’art et études cuturelles à l’Université de Leeds. Elle a lancé quelques pistes de refléxion sur la mémoire collective à l’ère numérique, le développement de l’archivage numérique, la mémoire culturelle structurée par la technologie, la place de la culture du papier et les bibliothèques physiques.

Ce sont des questions fort intéressantes qui méritent d’être discutées à long terme. En tant que future professionnelle de l’information et adorant lire, ce sont des questions qui touchent à ma curiosité. La grande question ici est liée à la révolution que la culture numérique a crée dans presque tous les domaines de nos vies. La liberté qu’on possède pour s’exprimer et pour s’informer amène aussi ses côtés négatifs : l’exploitation de nos données, la surinformation, le changement dans les relations interpersonnelles que les lieux physiques de mémoire créaient. Ce sont des sujets qui seront de plus en plus étudiés et discutés, donc à nous tous de contribuer à ces refléxions. Et vous, qu’est-ce que vous en pensez? Je serais ravie de voir vos points de vue ou vos idées! Alors, n’hésitez pas!

Merci à l’équipe de Shakespeare and Co. pour leur beau travail! Si vous voulez visiter la librairie, voici des informations complémentaires: http://www.shakespeareandcompany.com/index.php