Et moi, je choisis le mot « doux »…

Affiche du spectacle

C’est le mot qui décrit au mieux « Les gens d’Oz », ces quelques personnages charmants qui nous envoûtent dans une sorte de réalité émotionnelle au Théâtre de la Colline. Le nouveau spectacle de Galin Stoev, metteur en scène d’origine bulgare (notamment connu pour Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux à la Comédie Française (2011), Tartuffe de Molière à la Comédie Française (2014) et d’autres); met en honneur la conversation comme un outil dramaturgique. La simplicité des décors et l’absence d’une action dramatique permettent d’accéder aux jardins secrets des personnages grâce au texte magnifique de Yana Borisova, auteur dramatique bulgare.

Erwin, Sart, Mia et Truman ont chacun une relation particulière avec l’écrivain Anna, une auteur à succès qui a arrêté d’écrire depuis 10 ans. Solitaire et pas très accessible, Anna fascine les personnages d’une manière ou d’une autre: la voisine parfaite pour Erwin, la femme mystérieuse pour Sart, l’idole pour Mia et…la co-habitante confidente de Truman. Les conversations que les personnages mènent sont intimes et profondes d’un point de vue sentimental mais très légères et simples dans leur forme, ce qui permet aux spectateurs de se retrouver dans le texte et faire leur propre lecture de la pièce.

Le spectacle nous incite à réfléchir à la notion d’intélligence émotionnelle, une qualité à laquelle tout le monde aspire. Différentes expériences et émotions caractérisent chacun des personnages à différents moments de la pièce et c’est l’une des richesses du spectacle.

Pourquoi je choisis le mot « doux » ? Vous allez comprendre en allant faire connaissance avec les gens d’Oz et leur jeu d’intéractions plein de sens, d’humour et d’émotion.


Les Gens d’Oz de Yana Borissova, mise en scène Galin Stoev, du 3 mars au 2 avril 2016 au Théâtre de la Colline, Paris 20ème.

Source photo : site du Théâtre de la Colline

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Quand on raconte en langue des signes

D’après l’enquête HID 1998-1999 de DREES environ 119 000 personnes utiliseraient la langue des signes en France métropolitaine. J’imagine que ce nombre a augmenté depuis. La langue des signes française (LSF) est enseignée dans quelques universités en France mais aussi dans des centres d’animation et des structures comme International Visual Theatre. Cette structure se positionne comme un laboratoire de recherches artistiques, linguistiques et pédagogiques sur la langue des signes, les arts visuels et corporels. L’IVT a été crée en 1976 et joue le rôle d’un carrefour pour la rencontre entre la culture sourde et entendante, comme ils le disent sur leur site.

J’ai reçu deux places pour l’un des spectacles de l’IVT comme cadeau. Je n’avais pas d’attentes, je ne savais que le spectacle a été traduit en français. J’étais curieuse de savoir comme l’histoire de l’Odyssée va être abordée et représentée. Déjà, il y a une ambiance très chaleureuse qui règne dans cet endroit. On est accueilli avec de grands sourires et de bonne humeur.

Ulysse, les chants du retour est un spectacle joué par quatre personnes, interprétants chacun plusieurs rôles. Il raconte quelques-unes des péripéties qu’Ulysse et son équipage rencontrent pendant leur retour sur l’île d’Ithaque. Pauvre en décors, ce spectacle montre la force de la langue des signes et son expressivité. Accompagnés d’un fond musical de hang drums (un instrument que je viens de découvrir et que j’adore) très fin et chargé d’émotivité, les acteurs nous plongent dans un monde magique.

Nous les spectateurs, on est amenés sur l’île des Kikones, celle des Cyclopes. On rencontre la magicienne Circé, et on se promène sur lîle des Morts. On arrive en Ithaque finalement, fascinés et contents. Avec une grande dose d’humour l’histoire est racontée avec de la finnesse et de la légèreté.

C’était une heure remplie de beauté et de bons images. A vous de se procurer cette belle expérience.

Le spectacle est joué jusqu’au 22 mars au International Visual Theatre, au 7 cité Chaptal dans le 9ème arrondissement de Paris. Vous pouvez trouver toute la programmation du théâtre sur leur site, cité un peu plus haut. En attendant, voici présentation du spectacle qui date de 2012:

« Les sonnets ou le portrait de Mr W.S » de la Troupe du Levant

Le premier article de ce blog portera sur un spectacle de la Troupe du Levant que j’ai vu récemment et que j’ai beaucoup aimé.

« Les sonnets ou le portrait de Mr W.S » est l’un des spectacles phares de la troupe du Levant avec comme metteur en scène Benjamin Forel. C’est une création pas comme les autres. D’abord, se décider présenter les sonnets sur scène est une entreprise assez audacieuse. Les sonnets sont basés sur des sujets très pertinents aujourd’hui même éternels mais il existe une complexité qui provient de la langue shakespearienne et qui fait que toute création sur les sonnets est assez délicate.

Benjamin Forel et les acteurs de la troupe ont crée un vrai spectacle à la Shakespeare. En choisissant quelques traductions différentes le metteur en scène et les acteurs adaptent le mieux les sonnets aux temps modernes. Les leçons de Shakespeare pour ses jeunes disciples et les interactions avec le public créent une ambiance chaleureuse et très accessible pour comprendre et sentir les sonnets. Pour mieux dessiner le portrait de Mr. W.S. Benjamin Forel a aussi inclus des éléments des tragédies les plus célèbres du dramaturge comme « Roméo et Juliette » et « Lady Macbeth ». La phrase culte du spectacle « Apprends à déchiffrer ce qu’écrit le silence. Ecouter par les yeux c’est l’intelligence du cœur. » est issue du sonnet 23 et prononcée par le metteur en scène même en faisant partie du public. Encore une manière de se rapprocher des spectateurs et faire le spectacle plus accessible et authentique. Il ne faut pas oublier l’enthousiasme et le professionnalisme des acteurs. Une création à ne pas manquer si vous avez la chance!

Photo: Internet