San Francisco Ballet à Paris

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Cette année les acteurs principaux dans les Étés de la Danse, événement organisé par le Théâtre du Châtelet, sont les danseurs de San Francisco Ballet. La compagnie, dirigée par Helgi Tomasson, est à Paris pour une deuxième fois (première fois en 2005) pour marquer le 10ème anniversaire des Étés de la Danse. L’événement a fait du bruit parmi les amateurs et les spécialistes  avec, dans la programmation, des chorégraphes comme Balanchine, Robbins, Ratmansky, Wheeldon, Tomasson. Toutes les soirées du 10 au 26 juillet sont composées de trois ou quatre chorégraphies de maximum 30 minutes chacune.

J’ai eu la possibilité de voir trois des neuf premières pour la France, dans la soirée de 18 juillet, notamment Classical Symphony d’Yuri Possokhov, Ghosts de Christopher Wheeldon et Piano Concerto #1 d’Alexei Ratmansky. Je ne vais pas m’arrêter sur chacune des quatre chorégraphies (Chaconne pour piano et deux danseurs de Helgi Tomasson faisait aussi partie du programme). Je vais vous présenter mes deux coups de cœur, tout d’abord parce que je suis très loin d’être spécialiste et après j’aimerais partager une impression plutôt que de faire une description du spectacle.

Je mets à la deuxième position dans ma liste de cette soirée, la création d’Alexei Ratmansky, Piano Concerto #1. Les pas de deux interprétés par Yuan Yuan Tan et Damian Smith et Maria Kochetkova et Victor Luiz  étaient impressionnantes. On a pu sentir l’exigence de cette création au niveau de la technique avec des mouvements complexes et même acrobatiques je dirais. Ce qui, d’après moi, expliquait le choix des justaucorps en couleurs vives pour les costumes. C’était une belle fin du spectacle de ce vendredi.

Pour moi la création la plus marquante de cette soirée était la première en France de Ghosts chorégraphiée par Christopher Wheeldon. Le mot que j’utiliserais pour la décrire serait ‘féerie’. Au fond de la lune les danseurs se profilent avec des pas gracieux à la limite entre l’hésitation de l’inconnu et l’assurance de quelqu’un qui est mort. Il y a une espèce de paradoxe qui rend le spectacle des esprits encore plus originale – les danseurs dégagent une force et une présence aux côtés de la transparence et la légèreté caractéristiques des fantômes. Cette idée était présente pendant les 30 minutes du spectacle. C’était une beauté dansée!

La Symphonie Classique  de Possokhov avec laquelle la soirée a commencé, correspond bien à son nom. C’est une création au fond musical de Prokofiev. La suite était un pas de deux de 10 minutes, créé par Helgi Tomasson et qui, j’aurais bien aimé, aurait pu durer plus.

Pour conclure, j’ai passé une bonne soirée en compagnie de SF Ballet. Si vous aimez la danse, c’est beau à voir.

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« Noureev n’a pas eu une carrière, il a eu un destin », interview avec Ariane Dollfus

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« Soyez amant du beau », c’est avec cette citation de Carlo Blasis qu’Ariane Dollfus commence la biographie de Rudolf Noureev. Parce que lui, il était le plus grand amant du beau et cela se sent encore, même plusieurs années après sa mort. La surprise que je vous prépare depuis un moment est enfin arrivée. Si vous aimez le beau, ce cadeau va vous plaire. Je vous présente l’interview que j’ai fait avec Ariane Dollfus, l’auteure de « Noureev l’insoumis », publié chez Flammarion et commissaire de l’exposition du même nom à la Mairie du 17 arrondissement de Paris. Je voudrais remercier Mme Dollfus pour le temps accordé et son pouvoir de mettre des mots derrière un art et un personnage fort émotionnels.

G: Bonjour, on va commencer avec quelques questions sur la biographie. D’abord, comment avez-vous organisé le processus de recherche sur la biographie ? Le livre est vraiment très, très bien documenté et comme vous le dites dans le prologue  vous avez fait plus de 100 interviews, vous avez consulté des documents de la Préfecture de Police, etc. Deuxièmement, est-ce que c’était difficile de rassembler tous ces documents ?

A. D.: Effectivement, les sources étaient multiples.

Il y avait les sources directes, c’étaient les interviews et ça pour moi c’était très important et c’est sans doute ce qui était le plus riche –  de rencontrer des gens qui ont travaillé avec lui et, vous l’avez vu à la conférence, Jennifer Goubé (ndlr. danseuse de l’opéra, qui a travaillé avec Noureev, aujourd’hui directrice de l’European Dance Center à Paris) elle parlait formidablement bien. Tous les gens qui l’ont connu ont parlé formidablement bien de lui. Ça c’était la première source forcément subjective parce que  chaque personne parlait en fonction de la manière dont elle l’a connu, de la manière dont il les a apprécié, Noureev n’aimait pas tout le monde, mais au moins c’étaient des témoignages vécus. Ça c’est la première chose.

La deuxième chose c’est aussi beaucoup les vidéos, les DVD. Tous les DVD  qui existent sur Noureev, je les ai bien décryptés. Il y a un DVD, par exemple, sur la période avec Margot Fonteyn, un DVD très bien qui s’appelle Fonteyn-Noureev, the perfect partnership. C’étaient de multiples sources, notamment des gens qui étaient morts. C’était aussi très important de parler anglais, parce beaucoup de sources étaient anglo-saxonnes. Malheureusement, je ne parle pas russe donc je n’ai pas eu accès à des sources russes même si elles étaient forcément un peu limitées. Je suis allée à New York pendant une semaine, et là il y a un lieu extraordinaire qui s’appelle Public Dance Library. Là, il y avait tout le fond Noureev qui y était, des archives de Noureev, qui sont maintenant, pour une part, visibles à Pantin au Centre National de la Danse, mais qui n’y étaient pas à l’époque où j’ai travaillé sur la biographie.

Et puis il y a les coupures de presse de l’époque, vraiment beaucoup, dont les fameuses coupures que vous voyez dans l’exposition, qui datent de 1961. Et puis de la presse anglo-saxonne, alors là, je suis allée chercher à l’American Library à Paris.

Les dernières sources sont les biographies déjà  publiées, notamment des biographies américaines. Il y en a deux qui étaient très riches et surtout leurs notes, comme je fais, moi aussi, elles citent leurs sources. Donc, je suis allée chercher les articles en question, à New York Times, Newsweek et d’autres. J’ai fait des photocopies de tous ces articles-là qui m’ont permis de reprendre des citations. C’est à peu près tout.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans les interviews que vous avez fait avec lui ?

Ah ça remonte à loin… La première, c’est celle que je raconte dans la préface. La première fois que j’ai eu affaire à lui, face à lui, c’était…Iimaginez quelqu’un qui  vous regarde droit dans les yeux, qui marche en claquant les pieds  et vous devez l’arrêter et lui dire : « Bonjour, je suis journaliste. » Et là, vous vous dites : « Non, mais il a autres choses à faire… ». Il était un peu méchant, assez dur. Il ne pardonnait aucune question qui pouvait lui sembler soit idiote, soit inadéquate, ou malvenue. Je me souviens par exemple d’une interview. A Paris il avait toujours une amie qui était toujours disponible, elle s’appelle  Douce François. Elle envoyait son courrier, elle le déplaçait en voiture, elle répondait  à son téléphone, elle lui achetait des chaussettes. Elle était d’une disponibilité à toute épreuve. Elle avait une toute petite voiture. Un jour j’ai fait l’interview dans cette voiture. Noureev était devant et elle, elle conduisait. A un moment donné je lui (ndlr. A Noureev) ai parlé de l’Union Soviétique, de ce qu’il pensait de la « pérestroïka » et il m’a dit « Next question ! ». Et là j’ai compris, mais j’avais tenté le coup, j’étais bien obligée. Oui c’était quelqu’un de difficile.

Qu’est-ce que pour vous Noureev ? Qu’est-ce que son histoire, sa personnalité, son art représentent pour vous pour arriver à un stade où vous écrivez même une biographie de lui?

Il y a des gens qui sont admiratifs de Madonna, de Michael Jackson et moi c’est Noureev. La première fois que je l’ai vu danser j’avais 12 ans et c’était terrorisant pour moi parce que j’avais très, très peur d’être déçue. Mais vraiment très, très peur, genre j’étais malade plusieurs jours avant parce que Noureev dans les années 60-80 pour ceux qui aimaient la danse, c’était la grande star. Comme Callas pour les amateurs de l’opéra, Maradona pour les amateurs de foot.

Et donc quand j’avais 10 ans j’ai reçu un livre sur Noureev, et quand je l’ai reçu je me souviens très bien, je me suis dit : « Un jour, moi aussi,  je vais écrire un livre sur Noureev». Et voilà, j’ai mis trente ans mais…

Et alors, après, j’ai fait Sciences Po, parce que je pensais que c’était une bonne  école qui donne une bonne culture générale et c’est vrai que Noureev a rejoint mes deux centres d’intérêt. A Sciences Po on étudiait beaucoup l’histoire contemporaine et la politique et ce que j’ai adoré en travaillant sur Noureev c’est que ce n’est pas seulement un artiste. Il est vraiment emblématique de la seconde moitié du 20ème siècle. Il représente son siècle. Il représente son temps. Il va au-delà de la danse et voilà, du coup c’était très intéressant de l’étudier, de ne pas se limiter à Noureev danseur.

Oui à un moment donné dans le livre vous dites qu’il est devenu un symbole politique malgré lui.

Oui parce qu’il ne s’est jamais considéré comme un déserteur, jamais. Il a juste cherché à être lui-même, de faire ce qu’il voulait, parce que c’était un esprit libre. Et qu’il n’avait plus le choix aussi. Et c’est ça que j’ai découvert aussi, en étudiant cette période précise de sa vie, c’est que ce n’est pas du tout un acte héroïque. Il était pétrifié de ce qu’il était en train de faire, mais vraiment pétrifié. Quand il dit « J’ai jamais eu peur de ma vie » c’est non. Il a même eu peur de la police française, quand on l’a ramené à Paris, il se disait « On va me livrer à la Police Soviétique » Imaginez son angoisse.

A chaque fois que je vois Noureev danser ça me donne des frissons. A chaque fois je n’arrive pas à expliquer ce qu’il a. Quelle est cette chose qui le rend si exceptionnel ? Ce n’est pas vraiment que la danse, la technique. Il y a quelque chose au-delà de cela. Est-ce que vous pouvez décrire cette chose qui est en lui ?

J’ai essayé de l’expliquer dans le livre. Surtout ce qui était intéressant, c’était de demander aux danseurs, ceux qui avaient dansé avec lui et ils disaient tous que c’était un fauve. La métaphore animale est reprise par beaucoup de gens et je pense qu’il y a quelque chose là, ce n’est plus un homme, ce n’est plus un danseur, un félin, c’est énigmatique. Il y a quelque chose d’inhumain en lui puis il y a le charisme. C’est un danseur de l’Opéra, une étoile qui me disait : « Quand il tombait, quand il faisait une erreur il disait : « Good boy, you’ve tried ». Il n’avait pas peur de prendre des risques et il dansait de lundi au dimanche inclus, dimanche matinée –soirée. Il était complètement fou, il aurait dû se blesser, mais il dansait même quand il était blessé. Et puis il était beau et photogénique! Ça compte aussi !

Vous êtes commissaire de l’exposition qui a lieu à la mairie du 17ème. D’abord, est-ce que ce sont toutes les photos que Francette Levieux avait pris de lui ?

Non, ah non. Elle a un cahier qui fait plusieurs pages.

Comment vous les avez choisies ?

Alors, ce n’est pas moi qui les ai choisies. C’est un danseur de l’Opéra. Cette expo – là, sans compter les photos derrière, ça provient d’une autre exposition qui a été conçu au Conservatoire national de musique et de danse à la Villette en 2000. C’est très intéressant d’ailleurs de voir un choix de danseur. Il s’appelle Francis Malovik, il était dans le corps de ballet de l’Opéra quand Noureev a dirigé le ballet et notamment à la création de La Bayadère, c’est lui qui joue le grand Brahmane. A la mort de Noureev il était l’un des six danseurs qui ont porté son cercueil à l’enterrement. C’est un moment très émouvant. Moi avec Francette, on a reconfiguré un peu la mise  en place et puis moi j’ai fait les vitrines et j’ai choisi les vidéos, pendant la conférence et celles de l’exposition.

Quel est le message que vous voulez passer à travers cette exposition ?

Le message que chacun voudra se faire. C’est drôle, je n’y ai pas pensé. J’avais envie de montrer, parce que c’est curieux, ce lieu. Il y  a des gens qui viennent parce qu’ils aiment Noureev, puis 90 % des gens passent par là parce qu’ils vont au tribunal, ils vont chercher un passeport, une place en crèche, ils ont rendez-vous avec une personne de la mairie et hop ils découvrent, « Mais qui est ce beau danseur ?! Tiens je vais aller voir de plus près. » Il y avait un but aussi pédagogique. Et ensuite, expliquer à travers les vitrines qui est ce personnage. Faire découvrir et faire partager l’émotion que procure ce personnage. Vu que je suis journaliste de danse c’est pour faire partager mes émotions aux lecteurs et tout l’intérêt de ce personnage à travers différents supports.

Pendant la conférence vous avez mis l’accent sur la capacité de Noureev de transmettre un message, une émotion qu’à travers la danse. Qu’est -ce qu’il faut faire pour vraiment préserver l’héritage de Noureev ? Pour transmettre cette passion qu’il avait pour la danse, ce feu.

Je pense qu’il faut essayer d’avoir la même passion que lui. Travailler sur un personnage comme ça ; ça élève. Je me suis dit à chaque fois « Est-ce qu’il serait content de ce que je fais?» Il était tellement exigeant et l’exigence c’est quelque chose qui est très communicatif. Et du coup montrer l’exigence et la passion. Etre exigent dans sa passion. L’exigence est une belle vertu, je trouve, en tout. C’est une formidable leçon de vie. Il y a une phrase que je reprends souvent quand j’écris des choses courtes sur Noureev. Il n’a pas eu une carrière, il a eu un destin. Ça résume en une phrase. Il n’avait rien pour devenir tout ce qui est devenu. Il ne s’est jamais laissé empêtrer par des gens qui ont pu dire non. Lui, il a dit non à tous ceux qui lui disaient non. Il a eu la volonté, l’exigence et la passion, voilà.

Pendant la conférence vous avez montré différents extraits de ballets. Quels sont les ballets les plus représentatifs de Noureev d’abord en tant que danseur et après en tant que chorégraphe?

Pour moi, je crois que l’une des plus belles choses c’est l’acte II de Giselle avec Margot Fonteyn. C’est sublime je n’ai jamais vu un danseur d’avoir cette ideé-là de nous faire partager ce qui se passait dans sa tête. Il y a un DVD An evening with the royal ballet, où il y a Le corsaire et Les Sylphides avec Margot Fonteyn et ça vous n’avez plus un danseur, vous avez un poète. Vous avez une émotion poétique. C’est extraordinaire. Ce n’est plus un être humain, c’est bluffant. Et puis comme chorégraphe – Don Quichotte. On voit qu’il est non seulement un excellent chorégraphe mais aussi un excellent directeur de danseurs, un excellent comédien parce qu’il est très drôle et c’est un bon réalisateur de cinéma. Ça fait un vrai film. Il y aurait le romantique dans Giselle et Noureev le danseur de demi-caractère qu’il est aussi et Don Quichotte en tant que chorégraphe et réalisateur.

Enfin, est-ce que vous pouvez dire quelques mots aux admirateurs de Noureev ?

J’ai plutôt envie de dire quelque chose aux gens qui ne connaissent pas Noureev, parce que les admirateurs sont déjà convaincus : Venez voir, lisez et laissez-vous emporter.


A noter:

Exposition « Noureev, l’insoumis », Mairie du 17ème arrondissement, jusqu’au 9 juillet 2014. Entrée libre.

DOLLFUS Ariane, Noureev, l’insoumis, FlammarionParis, 2007

Conférence d’Ariane Dollfus sur la vie de Rudolf Noureev

Le post que je m’apprête à écrire depuis deux semaines est enfin arrivé. C’est le deuxième des trois sur l’événement qui rend hommage à Noureev à la Mairie du 17ème. Je ne vais rien dire sur le dernier article de cette série, parce que c’est une grande surprise qui vous attends, préparez-vous pour la cerise sur le gâteau.

Je voulais absolument écrire un article sur la conférence d’Ariane Dollfus qui a eu lieu à la Mairie du 17ème, le mercredi 11 juin. Je tiens à dire la conférence était très diversifiée en termes de contenu. On a pu se rappeler des moments importants de la vie de Noureev mais aussi se rendre compte de l’exceptionnalité de son héritage. C’est ‘le plus grand danseur du monde’, on le sait tous, il a chorégraphié des ballets qui sont toujours dansés à l’Opéra de Paris et non seulement. Je savais qu’il avait révolutionné le monde de la danse en termes de technique et de son esprit de modernité (revaloriser le rôle masculin dans les ballets). Mais finalement, je ne m’étais jamais posée la question ce qu’il avait laissé concrètement aux personnes qui ont travaillé avec lui. Ce soir-là, j’ai compris. Malgré son caractère difficile, sa sévérité dans le travail, Noureev guide toujours les danseurs à travers les conseils qu’il donnait à ses élèves et qui sont transmis aujourd’hui grâce à des personnalités comme Jennifer Goubé.  Ses élèves, de l’European Dance Center, ont montré au public des parties de ballets chorégraphiés par Noureev.

La conférence était très enrichissante au niveau factuel. Ariane Dollfus nous a fait part de petites anecdotes de la vie du danseur mais aussi de faits intéressants pas très connus du public. Le récit était documenté par des extraits de vidéos sur Noureev ou de ses ballets. Le fait que des événements de ce type existent, témoigne de la force que Noureev avait pour ne passer des messages que par la danse. D’après moi c’est l’un des points essentiels de l’art du danseur. Son expression corporelle est hors du commun, il ne suffit que de regarder une vidéo de Noureev quand il danse, pour le voir. Les émotions qu’il transmet ne peuvent pas s’expliquer. Et c’est justement cette impossibilité de décrire qui nous fait revenir sans cesse vers la beauté dont Noureev était le plus grand adepte. Ariane Dollfus a mis l’accent sur ces qualités de Noureev et pour moi c’était la partie la plus forte de cette conférence. Je pense que c’est difficile de choisir des moments de l’histoire de Noureev à mettre en avant à un événement de ce type, mais Ariane Dollfus a capté notre attention d’une manière très fine. C’est de cette manière-là qu’un artiste et son art peuvent rester vivants. Attendez le post suivant sur le sujet, vous serez content(e)s!

Ci-dessous, l’une de mes vidéos préférées de Noureev.

« Noureev, l’insoumis » à la Mairie du 17ème

 

Brochure de l'exposition

Brochure de l’exposition avec les photos de Francette Levieux (**)

 

Faire un événement sur Noureev est une entreprise dangereuse.

C’est difficile de faire passer un message dont il était le messager parfait. Parce que quand on parle de Noureev, on rend hommage à la danse. On ne peut pas ne pas aimer la danse quand on admire Noureev. L’art et la personnalité de ce génie n’ont pas besoin d’être mis en valeur. Leur rendre hommage – oui.

C’est à partir de 5 juin que les admirateurs du ballet pourront entrer dans l’univers du géant. Avec des photos de spectacles ou de répétitions, la photographe Francette Levieux a très joliment capté la petite étincelle qui passionnait Noureev. Des regards volés, des sourires fières et une persévérance sans faille – c’est ce qui émane des clichés. La collection de photos est alimentée par des documents d’archives et des articles de presse, on retrouve aussi un costume de danse porté par Noureev et ses chaussons.

Une conférence animée par Ariane Dollfus, l’auteure de « Noureev, l’insoumis » et avec la participation des élèves de l’European Dance Center Paris aura lieu ce mercredi 11 juin à 19h30 à la Mairie du 17ème arrondissement. (vous trouverez un article à la suite de la conférence dans ce blog  jeudi prochain)*.

Le charisme indescriptible du danseur ailé rayonne là où il a laissé ses traces. Son histoire personnelle fascine autant que son art. Né au bord du Transsibérien en 1938 il a grandi à Oufa, la capitale de la Bachkirie. En 1945 sa mère Farida amène le petit Rudolf voir un ballet. Et c’est à ce moment-là que l’aventure commence. Après un début un peu difficile dans le milieu du ballet, il entre à la fameuse école de danse – Kirov. Pendant une tournée de la troupe à Paris, il y reste en demandant un asile politique. A 22 ans. La vie de Noureev est marquée par la danse, il fait des rôles comme celui de Don Quichotte, Armand de la « Dame aux camélias » auprès de Margot Fonteyn, Apollon, le prince de la « Belle au bois dormant’ et beaucoup d’autres. En 1983 Noureev est nommé à la tête du ballet de l’Opéra de Paris. Ces magnifiques chorégraphies sont toujours représentées sur scène parisienne, notamment Le Lac des Cygnes et Casse Noisette. Noureev a bouleversé le monde de la danse avec sa vision moderne, en mettant en valeur le côté dramatique dans ses ballets pour une vision plus complète des œuvres. Utilisant plusieurs styles il a donné un nouveau souffle à la danse et en a aussi revalorisé le rôle masculin.

C’est avec Noureev que j’ai découvert ma passion pour le ballet. J’ai adoré son rôle dans « La Belle au bois dormant » et je suis restée captivée par son art. L’exposition à la Mairie du 17ème suscite beaucoup d’émotions et rend un bel hommage à ce grand homme. Vous pouvez aussi consulter le site de la Fondation Rudolf Noureev qui est très beau et très complet. Et vous, comment avez-vous connu l’art et la personnalité de Noureev?

 

 


Exposition du 5 juin au 9 juillet 2014 à la Mairie du 17ème arrondissement de Paris. Entrée libre.

**Vous pouvez trouver la brochure sur le site de la Mairie du 17ème

*Vous trouverez le programme complet des événements consacrés à Noureev sur le site de la Mairie du 17ème : http://www.mairie17.fr

La fête nationale bulgare à Lyon

Hier soir il y avait une soirée à l’occasion de la fête nationale bulgare qui a lieu le 3 mars. L’événement était organisé par l’Association Échanges Rhône-Alpes Bulgarie – l’association des bulgares à Lyon. Chaque année il y a un invité spécial qui vient du pays natal pour célébrer avec nous ce jour important. Un petit rappel de l’histoire, les représentations des enfants de l’école bulgare à Lyon et les danses folkloriques bulgares qui à chaque fois remplissent mon cœur. Pas pour rien, j’ai fait ces danses pendant sept ans quand j’étais petite. C’est la sorte de danse dont tu ne peux pas te détacher à jamais. Les rythmes irréguliers qui n’existent presque dans aucun autre pays, l’ambiance somptueuse, les costumes en couleurs, tout cela reste gravé dans le cœur. Quand on dit qu’on apprend à faire du vélo et après on ne peut jamais oublier comment faire, on a raison aussi pour les danses folkloriques. Une fois entré dans l’atmosphère même un peu mystique de cette beauté chorégraphique on ne peut plus en sortir. Une beauté créée par les gens ordinaires dans les moments les plus difficiles de l’histoire de la Bulgarie. C’est une beauté qui vient des parties les plus profondes de l’âme, une beauté qu’il faut savoir ressentir…Cette fois-ci l’invité spécial était la formation de danses  »Slavyani » -ils ont représenté un mariage bulgare traditionnel avec des vrais mariés – une bulgare et un français (respect pour lui qui avait appris à danser très très bien). Dans des moments comme celui-ci j’ai envie de montrer à tout le monde une partie de notre culture et je vais le faire maintenant même si à travers des petites vidéos…Merci pour cette belle soirée! :))))


Millepied/Balanchine à l’Opéra de Lyon

Aujourd’hui je vais vos parler d’un spectacle qui m’a vraiment marqué avec l’intelligence et la finesse avec lesquelles il était crée. C’est un ballet qui a eu lieu à l’Opéra de Lyon au mois de décembre. Il y a en a peut-être certains d’entre vous qui savent déjà de quoi je parle. Oui c’est bien ce spectacle-là : Millepied/Ballanchine avec le Ballet de l’Opéra de Lyon. Une création dont on ne se lasse pas. Le ballet était composé de trois parties dont les deux dernières chorégraphiées par Benjamin Millepied. Quelle beauté!

Concerto barocco – la création de Balanchine  est une chorégraphie classique créée sur la musique de Jean-Sébastien Bach. 8 danseuses sur la scène qui recréent le monde de Balanchine avec une grâce et une finnesse à admirer. L’idée de Millepied à créer un spectacle qui mélange classique avec moderne n’est pas nouvelle mais la manière dont il le fait te laisse sans mots. En commençant  par Concerto Barocco Millepied continue avec Sarabande – une pièce en sept séquences, pour atteindre la culmination avec This part in darkness. L’originalité de la deuxième partie – toujours la musique de Bach avec les interprétations en live de Nicolas Gourbeix au violon et Julien Beaudiment à la flûte. Avec 4 danseurs qui changent les rôles pendant les différentes séquences on peut bien distinguer la richesse des mouvements et de la chorégraphie.

La culmination était la troisième partie du spectacle This part in darkness, cette fois-ci sur la musique de David Lang et Max Richter. Un ballet pour 16 danseurs qui plonge le spectateur dans un monde à part. Un monde dynamique et tendre en même temps, un beau monde où tu voudrais rester le plus longtemps possible. Avec les effets des lumières, du rythme et l’idée de filmer toute la création, le spectacle reste dans un coin du monde de ballet très spécial.