‘Man of Tai Chi’ et ‘Side by Side’, le passage de Keanu Reeves à Paris

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Le but de ce post n’est pas de faire l’éloge de Keanu Reeves mais d’une attitude que je n’ai retrouvé qu’en lui, parmi ‘les stars’ d’aujourd’hui. Très souvent quand on assiste à un événement en présence de l’un des acteurs les plus connus au monde on risque d’être subjectifs, surtout si on aime bien la personne. J’espère que j’arriverai à transmettre au mieux mon ressenti pour l’art et la personnalité de l’acteur de plusieurs origines.

Toujours un peu à l’écart des projecteurs et des médias people, Keanu Reeves impressionne avec sa simplicité et son style. Montrant explicitement sont intérêt envers la culture asiatique avec sa participation dans ’47 ronins’ et le film avec lequel il a fait son début de réalisateur ‘Man of Tai Chi’, Reeves part à la recherche d’équilibre dans tout ce qu’il fait. Il ne mène pas forcément une vie d’après les codes de la tradition asiatique. Il essaie de nous transmettre un message à travers cet intérêt et c’est réussi. Dans la vraie vie ce n’est jamais facile de trouver le juste milieu. Parfois il faut dépasser les limites pour se retrouver et trouver notre propre équilibre.

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Man of Tai Chi‘ raconte l’histoire de Tiger Chen, quelqu’un de très ordinaire à premier regard. Livreur, pratiquant parfaitement le tai-chi il se fait recruter par Donaka (Keanu Reeves) pour participer dans des combats clandestins. La relation entre les deux hommes est très intéressante et  beaucoup plus profonde qu’elle n’a l’air. C’est une relation qui nous est révélée petit à petit et qui atteint la culmination avec la fin du film. Il y a toujours une subtilité à présenter l’histoire, chez Keanu Reeves, peu importe s’il le fait en tant qu’acteur ou en tant que réalisateur. Etre fin tout en restant simple, c’est ce qui fait la force de Reeves. Le tai-chi est un art très subtile mais aussi pas très innocent dans sa philosophie et le lien entre le yin et le yang. Le film montre bien la complémentarité ainsi que les contradictions entre les deux catégories.

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Dans ‘Side by Side‘ Keanu joue le rôle du journaliste. C’est un documentaire sur l’industrie du cinéma et la manière de filmer. On montre le passage de la pellicule au numérique et les conséquences qui y proviennent. Il a interviewé plus de cent personnes, que des noms du cinéma comme Scorsese, G. Lucas et beaucoup d’autres. Comment le numérique change les habitudes des spectateurs? Comment le travail des acteurs, des réalisateurs, des directeurs d’images se transforme avec une technologie qui a révolutionné le monde du cinéma il y a quelques années? Ce n’est qu’une partie des questions que Christopher Keneally et Keanu Reeves posent pour donner une image globale de la question à travers les interviews avec les spécialistes.

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Les deux productions ont été présentés dans le cadre de Champs-Elysées Film Festival (11-17 juin), en présence de Keanu Reeves. Une rencontre questions-réponses a suivi les séances. Avec un sens d’humour très intelligent, l’acteur a su répondre à des questions pas toujours faciles de la part des fans. Les deux films sont très parlants, comme le comportement de Reeves est parlant, sans beaucoup de mots mais avec une expressivité peu ordinaire.

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Conférence d’Ariane Dollfus sur la vie de Rudolf Noureev

Le post que je m’apprête à écrire depuis deux semaines est enfin arrivé. C’est le deuxième des trois sur l’événement qui rend hommage à Noureev à la Mairie du 17ème. Je ne vais rien dire sur le dernier article de cette série, parce que c’est une grande surprise qui vous attends, préparez-vous pour la cerise sur le gâteau.

Je voulais absolument écrire un article sur la conférence d’Ariane Dollfus qui a eu lieu à la Mairie du 17ème, le mercredi 11 juin. Je tiens à dire la conférence était très diversifiée en termes de contenu. On a pu se rappeler des moments importants de la vie de Noureev mais aussi se rendre compte de l’exceptionnalité de son héritage. C’est ‘le plus grand danseur du monde’, on le sait tous, il a chorégraphié des ballets qui sont toujours dansés à l’Opéra de Paris et non seulement. Je savais qu’il avait révolutionné le monde de la danse en termes de technique et de son esprit de modernité (revaloriser le rôle masculin dans les ballets). Mais finalement, je ne m’étais jamais posée la question ce qu’il avait laissé concrètement aux personnes qui ont travaillé avec lui. Ce soir-là, j’ai compris. Malgré son caractère difficile, sa sévérité dans le travail, Noureev guide toujours les danseurs à travers les conseils qu’il donnait à ses élèves et qui sont transmis aujourd’hui grâce à des personnalités comme Jennifer Goubé.  Ses élèves, de l’European Dance Center, ont montré au public des parties de ballets chorégraphiés par Noureev.

La conférence était très enrichissante au niveau factuel. Ariane Dollfus nous a fait part de petites anecdotes de la vie du danseur mais aussi de faits intéressants pas très connus du public. Le récit était documenté par des extraits de vidéos sur Noureev ou de ses ballets. Le fait que des événements de ce type existent, témoigne de la force que Noureev avait pour ne passer des messages que par la danse. D’après moi c’est l’un des points essentiels de l’art du danseur. Son expression corporelle est hors du commun, il ne suffit que de regarder une vidéo de Noureev quand il danse, pour le voir. Les émotions qu’il transmet ne peuvent pas s’expliquer. Et c’est justement cette impossibilité de décrire qui nous fait revenir sans cesse vers la beauté dont Noureev était le plus grand adepte. Ariane Dollfus a mis l’accent sur ces qualités de Noureev et pour moi c’était la partie la plus forte de cette conférence. Je pense que c’est difficile de choisir des moments de l’histoire de Noureev à mettre en avant à un événement de ce type, mais Ariane Dollfus a capté notre attention d’une manière très fine. C’est de cette manière-là qu’un artiste et son art peuvent rester vivants. Attendez le post suivant sur le sujet, vous serez content(e)s!

Ci-dessous, l’une de mes vidéos préférées de Noureev.

« Noureev, l’insoumis » à la Mairie du 17ème

 

Brochure de l'exposition

Brochure de l’exposition avec les photos de Francette Levieux (**)

 

Faire un événement sur Noureev est une entreprise dangereuse.

C’est difficile de faire passer un message dont il était le messager parfait. Parce que quand on parle de Noureev, on rend hommage à la danse. On ne peut pas ne pas aimer la danse quand on admire Noureev. L’art et la personnalité de ce génie n’ont pas besoin d’être mis en valeur. Leur rendre hommage – oui.

C’est à partir de 5 juin que les admirateurs du ballet pourront entrer dans l’univers du géant. Avec des photos de spectacles ou de répétitions, la photographe Francette Levieux a très joliment capté la petite étincelle qui passionnait Noureev. Des regards volés, des sourires fières et une persévérance sans faille – c’est ce qui émane des clichés. La collection de photos est alimentée par des documents d’archives et des articles de presse, on retrouve aussi un costume de danse porté par Noureev et ses chaussons.

Une conférence animée par Ariane Dollfus, l’auteure de « Noureev, l’insoumis » et avec la participation des élèves de l’European Dance Center Paris aura lieu ce mercredi 11 juin à 19h30 à la Mairie du 17ème arrondissement. (vous trouverez un article à la suite de la conférence dans ce blog  jeudi prochain)*.

Le charisme indescriptible du danseur ailé rayonne là où il a laissé ses traces. Son histoire personnelle fascine autant que son art. Né au bord du Transsibérien en 1938 il a grandi à Oufa, la capitale de la Bachkirie. En 1945 sa mère Farida amène le petit Rudolf voir un ballet. Et c’est à ce moment-là que l’aventure commence. Après un début un peu difficile dans le milieu du ballet, il entre à la fameuse école de danse – Kirov. Pendant une tournée de la troupe à Paris, il y reste en demandant un asile politique. A 22 ans. La vie de Noureev est marquée par la danse, il fait des rôles comme celui de Don Quichotte, Armand de la « Dame aux camélias » auprès de Margot Fonteyn, Apollon, le prince de la « Belle au bois dormant’ et beaucoup d’autres. En 1983 Noureev est nommé à la tête du ballet de l’Opéra de Paris. Ces magnifiques chorégraphies sont toujours représentées sur scène parisienne, notamment Le Lac des Cygnes et Casse Noisette. Noureev a bouleversé le monde de la danse avec sa vision moderne, en mettant en valeur le côté dramatique dans ses ballets pour une vision plus complète des œuvres. Utilisant plusieurs styles il a donné un nouveau souffle à la danse et en a aussi revalorisé le rôle masculin.

C’est avec Noureev que j’ai découvert ma passion pour le ballet. J’ai adoré son rôle dans « La Belle au bois dormant » et je suis restée captivée par son art. L’exposition à la Mairie du 17ème suscite beaucoup d’émotions et rend un bel hommage à ce grand homme. Vous pouvez aussi consulter le site de la Fondation Rudolf Noureev qui est très beau et très complet. Et vous, comment avez-vous connu l’art et la personnalité de Noureev?

 

 


Exposition du 5 juin au 9 juillet 2014 à la Mairie du 17ème arrondissement de Paris. Entrée libre.

**Vous pouvez trouver la brochure sur le site de la Mairie du 17ème

*Vous trouverez le programme complet des événements consacrés à Noureev sur le site de la Mairie du 17ème : http://www.mairie17.fr

A bord de l’Orient Express

L’Institut du Monde Arabe et la SNCF nous font découvrir l’histoire du fameux train qui reliait l’Occident et l’Orient, et qui inspirait des écrivains en faisait voyager l’élite de l’époque. L’exposition retrace le trajet de l’Orient Express mais aussi les caractéristiques d’une époque marquée par la révolution industrielle et la guerre.

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Le mythe de L’orient Express a toujours suscité un grand intérêt même pour ses contemporains. Ce train de voyage luxueux était l’un des cadeaux les plus précieux que Georges Nagelmackers a pu faire à l’Europe, après son voyage aux Etats-Unis en 1869, pendant lequel il découvre les wagons-lits. C’est en 1876 qu’il va fonder la Compagnie Internationale des wagons-lits, qui va mettre le début d’une longue aventure, celle de l’Orient Express.

Le premier voyage que le fameux train a effectué était entre Paris et Varna, en Bulgarie. De là une correspondance en bateau se faisait pour rejoindre Constantinople.

Le trajet de l'Orient Express

Le trajet de l’Orient Express

Nagelmackers était visionnaire dan son approche. Ce premier voyage, était un voyage de presse, avec des écrivains et des journalistes à bord. Il s’était rendu compte que la communication était très importante et donc, a fait des affiches et des réclames pour son oeuvre. Très vite le train est entré dans les conversations des gens et les faisait rêver.

Affiche de publicité de l'Orient Express

Affiche de publicité de l’Orient Express

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L’Orient Express dans la presse

Le train proposait beaucoup de services à ses voyageurs – des wagons-lits, un restaurant, un salon où on pouvait danser. Lawrence d’Arabie, Ferdinand Ier de Bulgarie, Marlène Dietrich, Mata Hari, Agatha Christie ou encore Serge de Diaghilev font partie des célébrités qui voyageaient avec l’Orient Express. Un grand bijou, le train assurait le confort des passagers.

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Dans la voiture Pullman

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Des décors de bois raffiné, ornés par René Lalique marquent l’express. Une très jolie reconstitution avec des objets authentiques a été faite pour l’exposition et on peut sentir l’ambiance spéciale du lieu.

Le piano dans le salon du train

Le piano dans le salon du train

Le décor signé René Lalique

Le décor signé René Lalique

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite de l’exposition est dans le bâtiment de l’Institut du Monde Arabe. Des petits films avec des images des capitales que le train traverse et son trajet  font partie de la collection ainsi que des affiches de publicité de l’Orient Express, des petits coins des wagons reconstitués, des cartes. Toute une salle est consacrée au Moyen-Orient. La culture orientale était à la mode à l’époque du lancement du train. Des intellectuels créaient des salles spéciales « à la turque » dans leurs maisons et prenaient photos habillés de la même manière. On peut aussi voir des cartes postales, des timbres, des lettres.

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C’est une exposition assez originale et bien présentée qui vaut l’attente. Un accompagnement très sympathique fait partie de la visite des wagons. Elles se font par tranche horaire pour leur bon déroulement dans les couloirs étroits du train. Une personne accompagne chaque groupe en donnant des informations sur les objets et l’histoire des wagons. C’est une expérience à part à ne pas rater.