Quand on raconte en langue des signes

D’après l’enquête HID 1998-1999 de DREES environ 119 000 personnes utiliseraient la langue des signes en France métropolitaine. J’imagine que ce nombre a augmenté depuis. La langue des signes française (LSF) est enseignée dans quelques universités en France mais aussi dans des centres d’animation et des structures comme International Visual Theatre. Cette structure se positionne comme un laboratoire de recherches artistiques, linguistiques et pédagogiques sur la langue des signes, les arts visuels et corporels. L’IVT a été crée en 1976 et joue le rôle d’un carrefour pour la rencontre entre la culture sourde et entendante, comme ils le disent sur leur site.

J’ai reçu deux places pour l’un des spectacles de l’IVT comme cadeau. Je n’avais pas d’attentes, je ne savais que le spectacle a été traduit en français. J’étais curieuse de savoir comme l’histoire de l’Odyssée va être abordée et représentée. Déjà, il y a une ambiance très chaleureuse qui règne dans cet endroit. On est accueilli avec de grands sourires et de bonne humeur.

Ulysse, les chants du retour est un spectacle joué par quatre personnes, interprétants chacun plusieurs rôles. Il raconte quelques-unes des péripéties qu’Ulysse et son équipage rencontrent pendant leur retour sur l’île d’Ithaque. Pauvre en décors, ce spectacle montre la force de la langue des signes et son expressivité. Accompagnés d’un fond musical de hang drums (un instrument que je viens de découvrir et que j’adore) très fin et chargé d’émotivité, les acteurs nous plongent dans un monde magique.

Nous les spectateurs, on est amenés sur l’île des Kikones, celle des Cyclopes. On rencontre la magicienne Circé, et on se promène sur lîle des Morts. On arrive en Ithaque finalement, fascinés et contents. Avec une grande dose d’humour l’histoire est racontée avec de la finnesse et de la légèreté.

C’était une heure remplie de beauté et de bons images. A vous de se procurer cette belle expérience.

Le spectacle est joué jusqu’au 22 mars au International Visual Theatre, au 7 cité Chaptal dans le 9ème arrondissement de Paris. Vous pouvez trouver toute la programmation du théâtre sur leur site, cité un peu plus haut. En attendant, voici présentation du spectacle qui date de 2012:

Rencontres philosophiques chez Shakespeare and Co.

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Chez Shakespeare and Co.

Vous adorez lire, possédez un âme d’artiste et vous vous interrogez sur le monde qui vous entoure?

C’est à la librairie Shakespeare and Co. que vous trouverez votre bonheur. Un lieu incontournable pour chaque amoureux des livres anglophone qui se respecte, cet endroit insolite et plein de charme nous invite régulièrement pour ses rencontres philosophiques. Dans une ambiance cosy et très conviviale on se sent libre à exprimer nos idées.

Le 5 mars dernier, j’ai pour une première fois, participé à une rencontre de ce type sur le sujet: « Defining the Problem of Tomorrow’s Memory: Cultural Heritage in the Digital Age » (Definir le problème de la mémoire de demain: l’héritage culturel à l’ère numérique.) C’était une discussion animée par Liz Stainforth, doctorante à l’école de beaux-arts, histoire de l’art et études cuturelles à l’Université de Leeds. Elle a lancé quelques pistes de refléxion sur la mémoire collective à l’ère numérique, le développement de l’archivage numérique, la mémoire culturelle structurée par la technologie, la place de la culture du papier et les bibliothèques physiques.

Ce sont des questions fort intéressantes qui méritent d’être discutées à long terme. En tant que future professionnelle de l’information et adorant lire, ce sont des questions qui touchent à ma curiosité. La grande question ici est liée à la révolution que la culture numérique a crée dans presque tous les domaines de nos vies. La liberté qu’on possède pour s’exprimer et pour s’informer amène aussi ses côtés négatifs : l’exploitation de nos données, la surinformation, le changement dans les relations interpersonnelles que les lieux physiques de mémoire créaient. Ce sont des sujets qui seront de plus en plus étudiés et discutés, donc à nous tous de contribuer à ces refléxions. Et vous, qu’est-ce que vous en pensez? Je serais ravie de voir vos points de vue ou vos idées! Alors, n’hésitez pas!

Merci à l’équipe de Shakespeare and Co. pour leur beau travail! Si vous voulez visiter la librairie, voici des informations complémentaires: http://www.shakespeareandcompany.com/index.php