Il y a quelque chose qu’hier encore n’existait pas…

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Comme pour chaque grand événement culturel qu’on s’apprête à voir, on a toujours un nombre d’attentes considérables sur ce qu’on veut voir et la manière dont on l’imagine. Je me suis rendue compte qu’il ne faut pas trop s’informer avant de voir un fameux spectacle comme la Belle et la Bête. Je craignais le kitsch et le degré élevé de ‘pour enfants’ mais finalement il n’y avait rien de tout cela. C’était un moment merveilleux passé dans une bonne ambiance, celle du théâtre Mogador.

Pendant presque trois heures on ne pense qu’à l’histoire et à l’évolution de celle-ci. Ces trois heures sont coupées de la réalité pour nous  offrir un moment magique. Et si vous n’avez pas touché à une histoire de Disney depuis longtemps, ce spectacle peut remonter le souvenir de la sagesse que ces contes transmettent. Il faut voir au-delà des apparences pour découvrir l’essentiel, dit la morale de l’histoire éternelle de la Belle et la Bête. Et je peux dire que ce musical vaut aussi les apparences, même beaucoup. Les décors sont somptueux ainsi que les costumes des acteurs. Les effets de lumière et de son sont si subtiles qu’à des moments on a l’impression que les étoiles sont vraies, mais aussi les paillettes et la grande lune. On reste impressionnés par le maquillage de la Bête qui est un vrai chef-d’oeuvre. Le moment où il se transforme en prince est assez bien assuré, je ne révèle pas.

Le jeu des acteurs est impeccable. Presque tous les spectateurs étaient conquis par le charme du personnage de Lumière, joué par Dan Menasche, ainsi que celui de Gaston, interprété par Alexis Loizon. Une grande dose d’humour nous amuse notamment provenant de ces deux personnages et rend l’histoire, à la base assez sombre, très équilibrée.

En conclusion, si l’esprit de Noël ne vous a pas encore envahi, ce spectacle pourrait vous rendre la croyance un peu naïve en Père Noël dont on a parfois tous besoin. Vous allez sûrement sentir la magie des fêtes à travers la magie de la Belle et la Bête et leur château enchanté. Voilà une petite préparation.

Vous pouvez vous informer sur le spectacle en visitant son site Internet officiel en lien dans le premier paragraphe et sa page Facebook.

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L’éventail ou la touche ultime d’une autre Beauté

C’est au 8 rue Elzévir que le Musée Cognacq-Jay a consacré trois salles de ses locaux à l’exposition ‘Le Siècle d’or de l’éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette’. C’est une exposition qui n’impressionne pas par la quantité des œuvres exposées mais par leur qualité. La mise en valeur d’un objet de pas très grande utilité vous diriez? Je vais vous contredire en disant que si!, l’éventail n’est pas un objet ordinaire, c’est un outil de communication, comme vous allez le voir si vous visitez l’exposition, assez subtile mais, aussi un accessoire important dans la garde-robe d’une femme qui se respecte.

C’est pendant la Renaissance que l’éventail va être importé en France, mais la période qui fait de Paris la capitale de cet objet artisanal, est celle de XVIIIème siècle. Les éventaillistes français se servaient de matières très fines comme l’ivoire, l’or, l’argent, l’écaille et bien sûr des pierres précieuses pour élaborer les plus beaux éventails de toute l’Europe. Très somptueux, mais extrêmement fragile, l’éventail devient aussi un objet de communication sociale parmi la haute aristocratie de XVIIIème siècle notamment avec les scènes dessinées qui y sont représentées. Les thématiques peuvent être très diverses: des scènes de bataille, des événements marquants la période de l’élaboration, des mythes de l’Antiquité comme celui de Cléopatre, ou de Pygmalion et Galatée, des illustrations d’œuvres éternelles de la littérature comme celui de Don Quichotte, des scènes d’amour ou des paysages de pays exotiques, des portraits. L’exposition nous montre aussi qu’avec le temps on aperçoit une évolution dans l’élaboration avec les éventails pliables, les éventails loupes mais aussi dans les thèmes avec ce qu’on appelle les éventails coquins avec un côté assez érotique que je vous laisse découvrir en visitant l’exposition ;). Elle montre l’excellence de ces artisans et leur rend hommage.

On voit des œuvres d’une extrême finesse et précision des détails. Mais…finalement on se demande si le but caché de cette exposition n’est pas de nous suggérer que la touche finale de cette oeuvre d’art, qui est la manière dont la femme la porte, ne fait pas sa vraie beauté mystérieuse? Parce qu’à vrai dire c’est la grâce avec laquelle on porte l’éventail et l’importance qu’on lui donne qui captent l’attention sur l’objet.

Cette petite réflexion sur le fusionnement (dont les limites sont floues) de l’esprit fin avec le bel objet, m’a fait penser à l’époque moderne. C’est comme si avec le temps on a perdu la subtilité de la communication interpersonnelle. Avec les nouvelles technologies et Internet on oublie le vrai échange. On joue avec le temps et la distance mais on n’arrive pas à jouer avec le fond, avec ce qui rend une conversation intéressante. Je voudrais citer Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS, qui dit: « Pourtant si depuis cent ans le progrès technique dans les technologies de communication est considérable, est-ce pour autant que les hommes se comprennent et se tolèrent mieux ? Il y a hélas peu de rapport entre le progrès scientifique et technique, indéniable dans le domaine de l’information et de la communication et le « progrès » des hommes vers plus de compréhension.« 

Absolument d’accord avec lui, je laisse les réflexions à vous.

Informations pratiques: Vous pouvez visiter la belle exposition ‘Le Siècle d’or de l’éventail, du Roi Soleil à Marie-Antoinette’ jusqu’au 2 mars 2014 au musée Cognacq-Jay, 8 rue Elzévir dans le 3ème arrondissement de Paris